Duché de Bicolline : Une histoire qui se raconte depuis 30 ans - Série 10/40 - CDRQ

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12 août 2026

7 minutes de lecture

Duché de Bicolline : Une histoire qui se raconte depuis 30 ans - Série 10/40

Coopérative

Faire une sortie

Série 10/40

Tourisme et loisirs

Pour souligner ses 10 ans, la CDRQ met de l’avant des coopératives fondées il y a une décennie ou plus. Des coopératives que l’organisation a accompagnées et en lesquelles elle a cru. Ces entreprises sont des exemples de ténacité, d’efforts et d’excellence. Chacune à leur façon.

Voici la série 10/40.


L’esprit collectif de cette coopérative de solidarité s’est particulièrement fait sentir lorsqu’un incendie a ravagé 22 bâtiments au cœur de Duché de Bicolline, en avril dernier. La communauté a tout de suite voulu aider, de quelque façon que ce soit. Une communauté tissée serrée qui évolue et grandit avec la coopérative depuis 30 ans.

Lorsqu’ils ont fondé Duché de Bicolline, Basia Kornage et Olivier Renard ne s’attendaient pas à arriver, 30 ans plus tard, là où ils sont. C’est-à-dire à la tête du plus grand jeu de rôle grandeur nature médiéval au Canada! Situé à Saint-Mathieu-du-Parc, en Mauricie, ce jeu est en fait plus qu’un jeu. C’est un village de 250 bâtiments réparti sur quelque 100 hectares de terrain, animé par des milliers de visiteurs chaque année.

Il faut un village… pour faire une coop!

D’abord organisme à but non lucratif puis coopérative de travail, Duché de Bicolline a finalement trouvé la façon d’exister qui lui convenait le mieux, soit la coopérative de solidarité. «On aimait le fait qu’une coopérative de solidarité permette une diversité de membres, ce qui procure une plus grande flexibilité à l’entreprise», explique Olivier Renard.

Au début des années 2000, avant que les coopératives de développement régional ne fusionnent pour devenir la Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ), c’est avec la Coopérative de développement régional Centre-du-Québec/Mauricie que les instigateurs du Duché de Bicolline ont travaillé. Le conseiller avec qui ils ont collaboré, Guy Provencher, les a accompagnés sur différents volets – plan d’affaires, gouvernance, régie interne, etc.

La CDRQ nous a aidé à élaborer et à structurer notre vision d’entreprise

Basia Kornage, co-fondatrice du Duché de Bicolline

L’élément déclencheur et fédérateur du Duché de Bicolline a été sans contredit La Grande Bataille. «Quand on a décidé d’organiser une bataille, Olivier et moi, on ne pensait pas que ça attirerait autant de monde!», lance Basia. C’était en 1996 et 280 personnes s’étaient présentées, costumées et armées pour l’occasion. Aujourd’hui? Ce sont 7000 personnes qui viennent vivre l’expérience de La Grande Bataille, à chaque mois d’août.

Avec cinq autres personnes impliquées dans le projet, Basia et Olivier ont déterminé qu’il leur fallait avoir une auberge, pour ensuite déployer tout autour différents bâtiments. Le fameux village de Bicolline!

30 ans de succès et de défis

La notoriété

Comme toute entreprise qui démarre, le chemin pour se faire connaître est à faire. «Ça a été particulièrement ardu en ce qui nous concerne, car peu de gens comprenait qui on était et ce qu’on faisait, dit Olivier. On se faisait même parfois qualifier de secte!» Il n’y a pas eu d’autres solutions que de continuer d’avancer, de se faire valoir. Aujourd’hui, Duché de Bicolline a fait l’objet d’une foule de reportages, un peu partout dans le monde!

Les finances

«Les 3-4 premières années n’ont pas été faciles, relate Olivier. Souvent, on coupait souvent dans nos salaires car on n’en avait pas les moyens. Mais on y croyait!» Avec l’aide de la CDR Centre-du-Québec/Mauricie, l’entreprise a toutefois bénéficié d’un prêt en 2003 pour la construction de l’auberge.

Une clé? La diversification des activités. Déjà, l’auberge entraînait un revenu avec la location de chambres. Puis, l’ajout d’activités à chaque mois, durant toute l’année, a également permis de rentabiliser l’entreprise. «L’été, on organise des camps de jour et il y a le Marché de Noël et le Bal Pourpre qui sont aussi très populaires», dit Olivier Renard.

Un autre moyen: les membres de soutien de la coopérative. Ils sont plus de 2000 à se procurer une carte de membre annuelle qui leur donne droit à des rabais sur les différentes activités.

La fidélisation

Les adeptes des jeux de rôle grandeur nature forment déjà un groupe très passionné et engagé, mais les fondateurs ont décidé d’offrir des terrains afin que ceux qui le souhaitaient puissent se construire une maison. C’est d’ailleurs au fil de ces constructions que le village de Bicolline a pris une telle ampleur.

Le pilier: la communauté

La coopérative compte cinq membres travailleurs pour qui la liste du «toute autre tâche connexe» est plutôt longue. «Tout le monde touche un peu à tout!», lance Basia. L’entreprise engage une quinzaine d’employés, temps plein et partiel, et les membres de soutien sont au rendez-vous.

Et il y a les bénévoles. Lors de La Grande Bataille, ils sont plus de 350 à se démener durant l’événement, à s’entraider, à guider les participants, à animer. «C’est vraiment incroyable de voir ça, s’exclame Olivier. Ça nous donne tellement d’énergie de voir tous ces gens qui s’investissent comme ça.»

 

3 questions en rafale à Basia Kornage et Olivier Renard

De quoi est faite la pérennité du Duché selon Basia et Olivier

  • L’étincelle du début, qui s’est communiquée rapidement à beaucoup de monde.
  • Une entreprise qui fait rêver: Duché de Bicolline est un jeu et les gens aiment jouer.
  • S’entourer des bonnes personnes, celles qui comprennent et croient en toi. Et l’esprit de collégialité, du collectif, du coopératif qui cimente les relations.
  • Un peu de chance! «Je ne crois pas qu’on pourrait refaire ce projet, dit Olivier. Ne serait-ce que pour la question de règlements municipaux.»

Le sens d’une coopérative

«Aujourd’hui, Duché de Bicolline est vraiment plus grand que nous», lance Olivier. Mais ce dernier sait que la coopérative continuera à vivre, même sans Basia et lui. Le couple a pu constater à maintes reprises à quel point les gens ont un sentiment d’appartenance fort à Duché de Bicolline. «Ce sont maintenant deux, voire trois générations, qui fréquentent Bicolline», souligne Basia.

En 30 ans, l’esprit de coopération des fondateurs ne s’est pas affaibli, au contraire. Ni le rêve qu’ils ont construit.

«Quelqu’un m’a dit un jour que nos rêves devaient être assez gros pour qu’on ne les perde pas de vue»

Olivier Renard, co-fondateur du Duché de Bicolline

Et Duché de Bicolline ne sera définitivement jamais perdu de vue!

Envie d'en apprendre plus?

Complétez votre lecture avec notre billet de blogue dédié à la coopérative de solidarité. Qui sait, vous pourriez devenir le prochain Bicolline!

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