Coop AgroBio, une culture de cœur - Série 10/40

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21 mai 2026

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Coop AgroBio, une culture de cœur - Série 10/40

Agriculture

Coopérative

Développement durable

Série 10/40

Pour souligner ses 10 ans, la CDRQ met de l’avant des coopératives fondées il y a une décennie ou plus. Des coopératives que l’organisation a accompagnées et en lesquelles elle a cru. Ces entreprises sont des exemples de ténacité, d’efforts et d’excellence. Chacune à leur façon.

Voici la série 10/40.


La Coop AgroBio du Québec a été fondée en 2007, poussée par la volonté de ses fondateurs de donner une plus grande portée au marché québécois des semences biologiques. Résultat ?

Lorsque Guillaume Camirand est arrivé en 2017 chez Coop AgroBio, l’entreprise avait 37 membres localisés dans deux ou trois régions spécifiques. Aujourd’hui ? La coopérative de producteurs représente quelque 155 entreprises enregistrées un peu partout au Québec !

« En une dizaine d’années, la croissance de l’entreprise a été phénoménale », estime à raison le directeur général. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. D’abord, la coopérative a été créée pour de « bonnes raisons », soit de regrouper des agriculteurs biologiques pour permettre une meilleure représentativité de cette culture-là. Elle s’est basée sur des valeurs de solidarité tout en souhaitant favoriser un mouvement social soutenant l’importance d’une accessibilité alimentaire biologique.

3 questions en rafale à Guillaume Camirand, DG d’AgroBio

Les trois engagements de l’entreprise

  1. Approvisionner les agriculteurs et les agricultrices du Québec en semences biologiques.
  2. Informer et accompagner les membres producteurs, notamment dans la commercialisation de leurs produits.
  3. Soutenir les initiatives de transformations à la ferme via un réseau de distribution et une marque de commerce établis.

 

Être prospère… ensemble

Le groupe d’agriculteurs passionnés à l’origine du projet (l’équipe est aujourd’hui composée de six personnes) avait à cœur l’équité, le respect, le partage et aussi la prospérité. « Mais la prospérité collective, ajoute Guillaume. Celle qui permet à l’entreprise de bien vivre, mais qui donne l’opportunité à tout le monde impliqué dans cette chaîne d’être confortable et ainsi d’assurer une durabilité. » De même, le modèle de coopérative soutenait parfaitement les valeurs et la mission d’AgroBio.

Et dans cette aventure, l’équipe a profité de l’expertise de la Coopérative de développement régional du Québec sans qui, estime Guillaume Camirand, l’entreprise n’aurait même pas pu poser ses bases. « La CDRQ a toujours été notre référence », dit-il. L’organisation a accompagné Agrobio dans son démarrage, sa structuration, son développement et, aujourd’hui, dans le virage numérique de la coopérative.

« Je trouve très intéressant que la CDRQ offre désormais plus de services d’ordre juridique et numérique, entre autres. En tous cas, ça correspond à nos besoins actuels assurément. »

Guillaume Camirand

Le conseil d'administration d'AgroBio

Un bel exemple de longévité

Avoir presque 20 ans aujourd’hui, pour une entreprise, mérite d’être souligné. Pour Guillaume Camirand, la bonne équipe qui est en place, engagée et compétente, est un ingrédient essentiel à la pérennité de l’entreprise. Ça et le fait que la coopérative ait énormément gagné en notoriété au fil des années et que la force du groupe permette certains avantages commerciaux tirent toujours vers le haut l’entreprise et tous ses membres. « Aussi, plus AgroBio est rentable, plus on est capable d’élargir la gamme de nos services, de réduire la part d’acquisition des membres et d’engager du personnel pour les soutenir ».

« Il y a encore tant à faire au Québec ! »

Les principaux obstacles rencontrés par la coopérative sont surtout externes : la volatilité des marchés, les efforts qui doivent être déployés dans la représentation, l’accessibilité de la population en général à l’alimentation biologique…

Mais de faire du lobbying auprès des instances gouvernementales pour que, entre autres, l’agriculture biologique ait plus de place sur le marché constitue assurément un élément qui motive l’équipe d’AgroBio aujourd’hui encore. L’idée de développer des marchés ailleurs au Canada ? « Pas vraiment, dit le directeur général. Il y a encore beaucoup à faire ici, au Québec ! »

Guillaume Camirand mentionne le nord du Québec comme constituant un nouveau marché, en raison des changements climatiques. « Il y a de plus en plus d’agriculture qui commence à se faire là où ce n’était pas envisageable avant », dit-il. Il y a aussi le fait que, malgré l’accès à une production biologique, le Québec manque peut-être un peu de volonté ou de vision pour l’amener jusqu’à la table. « Je ne comprends pas que dans nos hôpitaux ou nos écoles, par exemple, on ne retrouve pas d’aliments biologiques », signale le DG d’AgroBio.

Bref, l’équipe d’AgroBio en mène très large, et est loin d’avoir fini de récolter les fruits «biologiques !» de tous ses efforts.

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