Modernisation de la Loi sur les coopératives : ce qui change - CDRQ

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16 avril 2026

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Modernisation de la Loi sur les coopératives : ce qui change

Coopérative

Gouvernance

Vie associative

Le 24 février 2026, le gouvernement du Québec sanctionnait le projet de loi no 111, marquant la plus importante modernisation de la Loi sur les coopératives depuis plus de 20 ans. La majorité des nouvelles dispositions sont déjà en vigueur, tandis que certaines entreront en vigueur ultérieurement par décret.

Cette réforme vise à réaffirmer :

  • l’identité coopérative
  • moderniser et renforcer la gouvernance
  • introduire certaines nouveautés pour les coopératives
  • harmoniser la Loi avec d’autres cadres législatifs et réglementaires.

Réaffirmation de l’identité coopérative

La réforme de la Loi s’ouvre sur une série de dispositions fondamentales visant à clarifier et à consolider l’identité juridique des coopératives. Elle le fait notamment par l’ajout des caractéristiques fondamentales du modèle coopératif, par des balises explicites concernant le capital social et la non‑spéculation, ainsi que par l’introduction d’une définition légale de la ristourne.

Ensemble, ces mesures visent à dissiper les ambiguïtés et à réaffirmer clairement la nature non spéculative et collective du modèle coopératif.

Des nouveautés introduites dans la Loi

La modernisation de la Loi ne se limite pas à préciser des principes existants : elle introduit également plusieurs nouveautés structurantes.

Celles‑ci touchent notamment la reconnaissance de coopératives à but non lucratif, l’encadrement des coopératives d’intérêt collectif et l’adaptation de certaines règles selon le type de coopérative.

Ces ajouts traduisent une volonté de mieux refléter la diversité des pratiques et des missions observées sur le terrain.

Renforcement de la gouvernance

La réforme apporte aussi des changements importants en matière de gouvernance, tant sur le plan des obligations que des outils mis à la disposition des coopératives. Elle introduit de nouvelles exigences en matière de reddition de comptes, de transparence et de participation des membres, tout en offrant davantage de flexibilité aux organisations pour adapter leurs règles internes et prévenir ou gérer les différends.

 

Question fréquente – Avis de convocation

Les dispositions concernant les résolutions s’appliquent-elles également aux avis de convocation des conseils d’administration (CA)?

Non, l’article 123 de la Loi s’applique uniquement aux assemblées générales.

Nouvelles obligations annuelles

La Loi introduit également de nouvelles obligations annuelles visant à renforcer la transparence et la participation des membres. Les coopératives doivent désormais inclure dans leur rapport annuel une description des actions de formation coopérative, rendre accessibles à leurs membres certaines informations relatives aux parts, et permettre à deux membres de convoquer l’assemblée annuelle lorsque le conseil d’administration manque à cette obligation.

Parallèlement, la Loi accorde aux coopératives une plus grande capacité d’autoréglementation en leur offrant davantage de flexibilité, notamment pour modifier l’adresse de leur siège social par règlement, limiter le nombre de mandats des administrateurs, étaler les ristournes sur plusieurs exercices et créer de nouvelles réserves financières.

Question fréquente – Formation

Les activités d’éducation populaire et de représentation peuvent-elles être considérées comme de la « formation »?

Auparavant, la loi imposait une obligation générale de « faire de la formation ». Cette obligation est maintenant explicitement formulée dans la Loi, ce qui clarifie son existence, sans toutefois en détailler la portée.

Comme cette disposition est toute récente, il est encore trop tôt pour savoir comment elle sera interprétée ou appliquée par le MEIE. Il est possible que des directives ou des précisions administratives soient émises ultérieurement.

Pour le moment, aucune orientation officielle ne permet de confirmer si des activités d’éducation populaire ou de représentation seront formellement reconnues comme de la formation au sens de la Loi.

Questions fréquentes – Parts

– Les informations sur les parts doivent-elles être incluses dans le rapport annuel, rendues publiques ou accessibles aux non-membres? Comment la coopérative doit-elle s’y prendre?

Il revient à chaque coopérative de déterminer la manière dont elle rend ces informations disponibles. Le nouvel article 49.5 précise toutefois que les renseignements relatifs aux parts doivent être accessibles à un « emplacement » désigné par la coopérative.

Juridiquement, la notion d’emplacement est interprétée de façon large. Il peut s’agir d’un lieu physique (par exemple, le siège social) ou d’un espace numérique, comme un lien électronique.

– Qu’entend-on par « information sur les parts »? Est-ce que cela concerne uniquement les parts privilégiées?

Cette obligation s’applique à l’ensemble des parts émises par la coopérative, soit les parts sociales et les parts privilégiées.

Le nouvel article 49.5 prévoit que la coopérative doit, une fois par année, communiquer ces renseignements à tous les titulaires de parts, ou les rendre disponibles à un emplacement qu’elle indique.

Les informations à fournir portent notamment sur les catégories de parts en circulation à la fin de l’exercice, la valeur totale de chaque catégorie ou série de parts, les privilèges, droits et restrictions rattachés à chaque catégorie de parts privilégiées, y compris les conditions de rachat, de remboursement ou de transfert, le montant des demandes de remboursement reçues pour chaque catégorie de parts et une indication à savoir si une autorisation d’un tiers est requise ou non avant tout remboursement du capital social.

Il doit également y être indiqué la politique de rachat et de remboursement des parts privilégiées et le plan de remboursement de ces parts, le cas échéant.

À l’égard des membres, cette obligation peut être remplie en joignant ces informations à l’avis de convocation à l’assemblée annuelle, sous forme de document explicatif.

Harmonisation et mises à jour législatives

La réforme comprend également diverses mesures d’harmonisation et de mise à jour législative visant à moderniser le cadre juridique des coopératives et à renforcer sa cohérence. Elle prévoit notamment une actualisation des dispositions pénales, ainsi qu’un régime de liquidation complet, offrant un encadrement plus clair et sécurisant en cas de cessation des activités.

La Loi clarifie également la portée de la responsabilité limitée des détenteurs de parts, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des risques associés. Enfin, certaines mesures, comme la simplification des règles applicables aux fusions de coopératives, entreront en vigueur ultérieurement par décret, permettant une mise en œuvre graduelle et adaptée.

Et la suite?

Les prochaines étapes de la réforme consisteront essentiellement en des ajustements opérationnels et administratifs. Le texte officiel consolidé de la Loi sera mis à jour et rendu accessible sur LégisQuébec dans les prochaines semaines. Parallèlement, les formulaires administratifs seront adaptés graduellement par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) afin de refléter les nouvelles dispositions. Un règlement d’application modifié est également attendu en 2026, notamment pour porter, nous l’espérons, à 500 000 $ le seuil permettant à certaines coopératives de produire des états financiers sans recours obligatoire à un CPA.

Dans son ensemble, le projet de loi no 111 marque un tournant majeur pour le mouvement coopératif québécois. Il modernise le cadre juridique, le rend plus souple et surtout mieux adapté aux réalités actuelles, tout en réaffirmant avec force les fondements du modèle coopératif. La réforme confirme clairement que la coopérative n’est pas un véhicule d’investissement à des fins spéculatives, mais un outil collectif au service de ses membres, de leur usage et de leur communauté, renforçant ainsi son identité, sa crédibilité et sa pérennité.

Vous avez des questions?

Si à la suite de la lecture de ce billet vous avez des questions ou aimeriez obtenir des éclaircissements à propos des modifications apportées à la Loi sur les coopératives, nous vous invitons à contacter notre direction des services juridiques.

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