Pérennité en entrepreneuriat collectif : qualité, humain et impact

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7 mai 2026

4 minutes de lecture

Pérennité en affaires : les secrets de l’entrepreneuriat collectif - Partie 2

Coopérative

Management

OBNL

Durant le mois d’avril 2026, une partie de notre équipe s’est rendue sur le terrain pour une tournée d’entreprises collectives au Centre-du-Québec et en Mauricie. En deux jours, ce sont 12 équipes qui nous ont chaleureusement ouvert leur porte. Elles nous ont partagé avec franchise leurs succès, mais aussi leurs défis. Comme toutes ont passé le stade critique des 5 années d’existence et que la majorité a entre 20 et 50 ans, nous avons voulu connaître la recette de leur pérennité. 

Dans cette deuxième partie, nous vous dévoilons deux autres ingrédients essentiels à la longévité des coopératives et des OBNL.


La qualité des services

Une entreprise, qu’elle soit collective ou non, s’insère dans un marché compétitif. Le fait d’être en économie sociale n’est parfois pas un argument de vente suffisant pour se démarquer de la concurrence. C’est là que la qualité du service devient essentielle.

La Coopérative de solidarité La Manne est une épicerie née à Victoriaville dans les années 1970 grâce à un regroupement de 30 familles de Victoriaville qui souhaitaient s’alimenter sainement. Elle compte aujourd’hui 60 employé-es, un chiffre d’affaires de 6 M$ et a pignon sur rue au centre-ville. Quand une grande chaine d’épiceries santé a ouvert une succursale à Victoriaville, La Manne l’a tout de suite ressenti sur ses ventes. Mais tranquillement, la clientèle est revenue. « Ici, le service est exceptionnel. Les gens sur le plancher connaissent vraiment les produits, sans compter les thérapeutes de notre Centre de santé globale. », explique la directrice générale, Myriam Côté.

Coopérative La Manne, épicerie santé

Chez Gestion.com, aucune publicité n’est nécessaire pour acquérir une nouvelle clientèle. Le bouche-à-oreille suffit. C’est que la tenue de livres est tellement bien faite, que l’entreprise fait aimer les chiffres aux gestionnaires qui pensaient en être allergiques. Et quand un client quitte, c’est souvent parce que l’entreprise est rendue assez grande pour engager à l’interne.

Pour terminer ce tour du chapeau, mentionnons qu’Urgence Bois-Francs remporte depuis cinq ans le meilleure taux de conformité clinique pour tout le territoire de la Mauricie-Centre-du-Québec. La coop de travail n’est pas touchée par la pénurie de personnel et séduit beaucoup la relève, qu’elle initie au modèle dès sa sortie du cégep.

Urgence Bois-Francs, coopérative de paramédics

La priorité accordée aux humains

La Coopérative Nitaskinan (qui signifie « notre territoire » en langue atikamekw) présentait une exposition d’habits traditionnels (regalias) lors de notre visite. Elle offre des cours de langue et d’artisanat (perlage, capteurs de rêve), dont certains sont réservés à une clientèle autochtone. La membre travailleuse Marie-Ange Petiquay insiste : « quand une personne entre ici, on va travailler à partir de son besoin à elle, qu’il soit émotionnel ou spirituel ». La coopérative offre aussi des activités de médiation culturelle qui permettent de tisser des liens pour mieux vivre ensemble, comme son festival Nipinik, qui célèbre l’arrivée de l’été.

La Coop Nitakinan

Nous avons profité du lunch pour jaser avec Ilham Figueroa, membre de Bleu forêt, une coopérative de travail dans le domaine des communications. Ilham nous parle de leur “conciliation travail-toute” facilitée par un horaire flexible et allégé, du salaire unique et de leur politique de déconnexion, autant de pratiques qui ont été mises en place dans l’entreprise pour s’assurer du bien-être et de la santé mentale de ses travailleuses.

Notre visite s’est conclue à Shawinigan avec la Coopérative Enfant Nature, que nous avons récemment accompagnée dans un exercice de planification stratégique. La coopérative a développé un modèle unique de garderie en plein air : l’escargot. Malgré la dizaine d’enfants qui s’amusaient dehors autour de nous, tout était surprenamment calme. Sylvie Gervais, la fondatrice, explique que l’escargot est un modèle économique de garderie qui peut facilement être répliqué. Elle rappelle que la CDRQ a accompagné la coopérative dès ses débuts : « Notre personne-ressource assistait à toutes les rencontres du conseil d’administration, on avait donc la certitude que les décisions étaient prises avec ce regard-là externe et professionnel. C’est très sécurisant. », conclut-elle.

Notre équipe a terminé cette tournée inspirée et motivée. Les personnes passionnées que nous avons rencontrées prouvent encore une fois que l’entrepreneuriat collectif s’immisce dans toutes les sphères de l’économie, qu’il dynamise nos territoires et qu’il est créateur de richesse sous toutes ses formes.

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