La coopérative sans but lucratif - CDRQ

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23 avril 2026

7 minutes de lecture

La coopérative sans but lucratif

Coopérative

Gouvernance

OBNL

Modernisation de la Loi sur les coopératives

Le 24 février 2026, le gouvernement du Québec sanctionnait le projet de loi no 111 qui marquait une importante modernisation de la Loi sur les coopératives.

La nouvelle loi introduit plusieurs nouveautés structurantes notamment la reconnaissance des coopératives à but non lucratif.

Voici des informations sur cette nouveauté tirées de questions fréquentes que nous recevons sur le sujet.


Comment une coopérative peut-elle se déclarer à but non lucratif ?

Pour se déclarer à but non lucratif, une coopérative doit modifier ses statuts constitutifs et y ajouter la mention suivante : « la coopérative se déclare comme étant à but non lucratif ». Cette mention peut être ajoutée uniquement si la coopérative s’est également interdit l’attribution de ristournes et le versement d’intérêts sur les parts émises aux membres.

Les formulaires officiels seront éventuellement modifiés par arrêté ministériel, mais il est possible de faire la modification dès maintenant pour les coopératives qui en ont besoin.

Le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) n’a pas l’autorité d’accorder la reconnaissance du statut fiscal « à but non lucratif ». Son rôle se limite à entériner les modifications aux statuts constitutifs, conformément à la Loi sur les coopératives. La reconnaissance du statut fiscal relève exclusivement des autorités fiscales, qui l’évaluent en fonction de l’ensemble des faits et activités réelles de la coopérative.

Il est fortement recommandé de consulter un conseiller juridique avant de modifier les statuts de constitution, afin de s’assurer que la démarche correspond aux objectifs, aux obligations et à la réalité de la coopérative.

Est-ce qu’une coopérative à but non lucratif peut dire qu’elle est un OBNL ?

Non.

Même si une coopérative est exploitée à des fins non lucratives, elle n’est pas un organisme à but non lucratif (OBNL) au sens juridique. Les OBNL et les coopératives sont régis par des lois différentes et présentent plusieurs distinctions importantes, notamment la Loi sur les coopératives est beaucoup plus précise en matière de gouvernance. De plus, une coopérative repose sur un système de parts et d’adhésion, alors qu’un OBNL n’émet pas de parts.

Donc, le fait d’être une coopérative sans but lucratif ne signifie pas que l’on devient un OBNL. Il est donc préférable d’utiliser des formulations comme « coopérative exploitée à des fins non lucratives» ou « coopérative sans but lucratif». Cela reflète mieux la réalité juridique de la coopérative.

Est-ce que la nouvelle loi fait en sorte que les coopératives à but non lucratif bénéficient des mêmes avantages ou du même traitement que les OBNL (permis, appels de projets, subventions, etc.) ?

Pas automatiquement.

Chaque fois qu’une coopérative dépose une demande, que ce soit pour un programme, un permis, une subvention ou un appel de projets, il faut toujours vérifier les critères d’admissibilité propres à ce programme.

L’objectif principal de la modification est d’éviter que les coopératives soient écartées d’emblée uniquement en raison de leur forme juridique, c’est-à-dire simplement parce qu’il s’agit d’une coopérative.

Le statut « sans but lucratif » est d’abord et avant tout un statut fiscal qui prévoit l’exonération d’impôt. À ce niveau, les coopératives sans but lucratif sont traitées sur un pied d’égalité. Toutefois, dans le cadre de demandes de permis, d’appels à projets ou d’autres initiatives exigeant un statut non lucratif, des critères additionnels peuvent s’appliquer, ce qui peut faire en sorte que certaines coopératives ne soient pas admissibles.

Cela dit, une mesure prévue dans le PAGES vise spécifiquement à faire reconnaître les coopératives sans but lucratif (CBNL) auprès d’autres ministères. Le MEIE poursuivra donc son travail afin de faire évoluer les pratiques et favoriser la reconnaissance de ce modèle, au même titre que les OBNL, lorsque pertinent.

Est-ce que la modification de la Loi permet à une coopérative de solidarité de modifier ses statuts afin de devenir un OBNL, comme il est possible de passer d’un OBNL à une coopérative ?

Non.

La modification de la Loi ne prévoit aucune disposition permettant à une coopérative de solidarité ou autre de se transformer en OBNL.

Un OBNL peut se transformer en coopérative, mais l’inverse n’est pas permis par le cadre légal actuel.

La seule exception est une situation très particulière, c’est-à-dire lorsqu’une coopérative est passible de dissolution à la suite d’un décret du ministre. Dans ce contexte précis, la coopérative peut alors soumettre au ministre un projet de continuation visant à devenir un OBNL. En dehors de ce cas exceptionnel, une coopérative ne peut pas modifier ses statuts pour devenir un OBNL.

Les coopératives actuellement reconnues à titre d’OBNL aux fins fiscales devront-elles entreprendre des démarches pour changer de « statut» ?

Il est important de préciser que la modernisation de la Loi sur les coopératives n’a pas modifié la législation fiscale.
Ainsi, les coopératives qui bénéficient déjà d’une reconnaissance fiscale comme organismes sans but lucratif n’ont aucune obligation de modifier leur statut afin de conserver cette reconnaissance. Elles peuvent toutefois choisir de le faire, si elles le souhaitent.

Par ailleurs, même en cas de modification des statuts d’une coopérative, le maintien du statut fiscal d’OBNL n’est jamais automatique. La reconnaissance demeure en tout temps à la discrétion des autorités fiscales, qui l’évaluent en fonction des faits et des activités réelles de la coopérative, et non uniquement de ses documents constitutifs.

Quels pourraient être les impacts, auprès des bailleurs de fonds, de l’existence simultanée des appellations « coopérative sans but lucratif (CBNL)» et « coopérative d’intérêt collectif (CIC)»?

Alors que la Loi réaffirme qu’une coopérative n’a jamais le profit comme finalité, l’introduction de ces deux statuts pourrait-elle entraîner des attentes, des critères d’admissibilité ou des exigences particulières de la part de certains bailleurs de fonds ?

Le statut « sans but lucratif » demeure d’abord et avant tout un statut fiscal, accordé en vertu des lois fiscales, et non par la Loi sur les coopératives.

L’introduction et la clarification des notions de CBNL et de CIC dans la Loi sur les coopératives visent principalement à améliorer la compréhension et la reconnaissance du modèle coopératif, tant pour le milieu que pour les partenaires externes. Elles n’ont pas pour effet de modifier la nature fondamentale des coopératives ni leurs finalités.

Ces dispositions n’entraînent donc pas, en elles-mêmes, de nouveaux impacts juridiques ou financiers, mais plutôt une meilleure compréhension du cadre coopératif. Toute exigence supplémentaire provenant de bailleurs de fonds dépendra de leurs propres critères et politiques, et non directement de ces appellations prévues à la loi.

Vous avez des questions ?

Si à la suite de la lecture de ce billet vous avez des questions ou aimeriez obtenir des éclaircissements à propos des modifications apportées à la Loi sur les coopératives, nous vous invitons à contacter notre direction des services juridiques.

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