Coopératives d'habitation, pour un logement démocratique

Les coopératives d’habitation : Une alternative prometteuse pour un logement inclusif et démocratique

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Connaissez-vous les coopératives d’habitation ? Cette alternative de logement prometteuse prend de l’ampleur au Québec. En effet, avec l’explosion du coût des loyers et la rareté des logements disponibles, il s’agit d’une option intéressante à considérer!

Dans cet article, découvrez comment la propriété collective et la démocratie se conjuguent pour offrir des logements abordables et de qualité à leurs membres.

La formule coopérative en habitation : une vision d’avenir

Par définition, une coopérative d’habitation est un regroupement de personnes qui a pour principal objet de faciliter à ses membres l’accès à la propriété ou à l’usage d’une maison ou d’un logement. En d’autres mots, il s’agit d’une entreprise privée, à but non lucratif, dont les gestionnaires sont les membres qui y résident. Ensembles, ils et elles gèrent collectivement les affaires. L’objectif est de se donner un milieu de vie sain et sécuritaire qui répond aux besoins des individus en matière de logement.

Les avantages de faire partie d’une coopérative d’habitation sont multiples :

  • Accès à des logements abordables
  • Sécurité d’occupation à long terme
  • Participation à la gestion et à la vie communautaire
  • Capacité de bâtir une communauté enrichissante basée sur un bon voisinage et des projets communs
  • Conviction de participer à un projet bénéfique pour soi-même et les autres

Bref, les coopératives se distinguent par une offre de logements de qualité à des prix moyens inférieurs au marché. La participation des membres à la gestion et l’entretien des immeubles contribuent à réduire les coûts d’exploitation et par conséquent, le prix des loyers.

La vie associative en coopérative d’habitation

Vous savez sans doute qu’une une coopérative regroupe des personnes qui ont des besoins économiques, sociaux ou culturels communs. Les personnes regroupées autour d’une coopérative d’habitation sont ses membres, formant une véritable communauté qui réfléchit, se gère et se prend en charge, individuellement et collectivement.

En outre, pour assurer une bonne répartition des tâches à accomplir, les coopératives peuvent aussi créer des comités sur des questions comme les finances, l’entretien et les loisirs. Les membres sont appelés à se joindre à l’un des comités en fonction de leurs intérêts et compétences. Enfin, on trouve aussi des coopératives d’habitation qui choisissent de donner une vocation particulière à leur projet immobilier telle que favoriser le développement durable ou offrir ses logements à des clientèles spécifiques (ex. : des artistes ou artisan·e·s, des travailleur·euse·s d’une entreprise, des immigrant·e·s, des retraité·e·s). D’autres encore choisissent d’offrir à leurs membres des services connexes au logement tels des repas en salle manger, des services favorisant le maintien à domicile et des services d’entretien, un accès à un centre de la petite enfance. Peu importe le projet, l’idée reste la même : partager une vision commune pour leur milieu de vie.

Les coopératives d’habitation en chiffres : une force dans le paysage immobilier québécois

C’est dans les années 1970 que les premières coopératives d’habitation ont vu le jour au Québec. Aujourd’hui, les chiffres éloquents de ce modèle d’habitation révèlent leur importance indéniable dans le paysage immobilier. Avec près de 1 300 coopératives et plus de 30 000 logements, ces communautés accueillent environ 60 000 résident·e·s. Leur chiffre d’affaires s’élève à 200 millions de dollars et leurs actifs valent 1,5 milliard de dollars, faisant ainsi des coopératives d’habitation l’un des plus grands parcs de logements locatifs de la province. Leur présence est remarquable dans toutes les régions, surtout en milieu urbain, soulignant leur rôle crucial comme logements abordables et communautaires.

Diversité et inclusivité : les membres des coopératives d’habitation

Les membres des coopératives d’habitation présentent une diversité de profils, favorisant la mixité socioéconomique et la solidarité au sein de ces communautés. Des statistiques révèlent des données sur le genre, l’âge, l’origine, la composition des ménages et les revenus moyens des résident·e·s :

  • Avec plus de 60 % de femmes parmi les locataires, ces communautés sont le reflet d’un besoin grandissant d’accès aux logements. Pour en savoir plus >
  • L’âge moyen de 54 ans souligne une population mature et expérimentée, tandis qu’un tiers des membres sont âgé·e·s de 65 ans et plus, offrant une perspective intergénérationnelle enrichissante.
  • Près de 20 % des résident·e·s sont issu·e·s de l’immigration, témoignant de la diversité culturelle au sein de ces habitats collectifs.
  • Les ménages coopératifs sont variés, avec près de la moitié de personnes vivant seules, 17 % de couples avec enfants, 16 % de couples sans enfants et 14 % de familles monoparentales, créant ainsi des communautés inclusives et accueillantes.
  • De plus, près d’un tiers des ménages bénéficient d’une forme de subvention au logement, assurant une accessibilité financière à ceux et celles qui en ont besoin.
  • En moyenne, les résident·e·s vivent dans ces coopératives depuis neuf ans, témoignant de leur attachement à ces environnements communautaires.
  • En outre, en 2017, le coût mensuel moyen de 535 $ pour un logement coopératif avec deux chambres à coucher est nettement inférieur aux 751 $ du marché locatif privé traditionnel, offrant ainsi une solution abordable à leurs membres.

Les différents modèles de coopératives d’habitation

Les coopératives d’habitation se déclinent en trois modèles distincts, chacun avec ses propres caractéristiques et fonctionnements uniques.

Tout d’abord, les coopératives d’habitation locative représentent la vaste majorité des coopératives au Québec. Elles fonctionnent sur un principe simple : seules les personnes résidentes qui ont un bail avec la coopérative peuvent en devenir membres. Ainsi, la coopérative détient la propriété des biens immobiliers. De plus, l’élection du conseil d’administration se fait parmi les membres, bien qu’une possibilité existe pour la présence de personnes externes, sans excéder un tiers des sièges.

Ensuite, la formule des coopératives de solidarité en habitation est possible bien que plus rare. On la retrouve principalement comme formule pour les personnes aînées. Ce type de coop se distingue par la diversité des membres en trois catégories : les membres utilisateurs (les locataires), les membres travailleurs (personnel de la coopérative) et les membres de soutien (partenaires, soutiens financiers, etc.). À noter que cette forme coopérative requiert la présence de membres dans au moins deux de ces catégories et garantit une représentation majoritaire des membres utilisateurs au sein de l’administration.

Enfin, il y a les coopératives de propriétaires. Originellement conçues pour permettre à plusieurs familles de construire leurs maisons en mutualisant les ressources, c’est un modèle de copropriété divise. Dans ce cadre, le terrain est détenu en permanence par le Fonds Coop Accès Proprio (FCAP). Ainsi, la coopérative verse une redevance pour son utilisation. Les membres acquièrent un droit d’usage sur leur logement. En cas de revente, la coopérative rachète la propriété à un prix convenu à l’avance, redistribuant les bénéfices entre le FCAP, la coopérative et l’ancien·ne membre.

Pour en savoir davantage sur ce modèle, il est recommandé de contacter les fédérations coopératives ou la CQCH >

Conclusion : vers un avenir coopératif

En conclusion, les coopératives d’habitation se distinguent comme des modèles de logement innovants et inclusifs. En effet, elles offrent une alternative précieuse aux systèmes traditionnels de location et de propriété. Leur structure démocratique donne aux personnes résidentes un réel pouvoir décisionnel sur leur environnement de vie. Ce pouvoir favorise notamment un sentiment d’appartenance et de communauté. De plus, les coopératives d’habitation promeuvent la stabilité résidentielle, offrant des logements abordables et durables, adaptés aux besoins variés des membres. Leur diversité, tant dans les modèles de fonctionnement que dans les types de membres, contribue à créer des communautés riches et inclusives.

Bref, il est essentiel de reconnaître les avantages des coopératives d’habitation. Promouvoir ce modèle, c’est garantir l’accès à un logement de qualité pour tous. En encourageant la découverte de ces logements, nous pouvons construire des communautés plus fortes, plus résilientes et plus solidaires. Investir dans les coopératives d’habitation, c’est investir dans l’avenir de nos collectivités et dans une société plus équitable et durable.


Sources :