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•9 octobre 2020
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Une coop dans le désert
Actualité
Portraits d’initiatives coops en désert alimentaire
Au fil des ans, le domaine de l’alimentation s’est fortement développé. Il est loin le temps
où manger servait seulement à combler l’un de ses besoins essentiels. Aujourd’hui,
l’alimentation s’ancre davantage dans le plaisir et l’expérience de la découverte. Or, bien
que de nombreuses émissions de télé et magazines stimulent les plaisirs associés à une
alimentation saine et diversifiée, beaucoup de Québécois peinent à y accéder facilement en
raison d’un désert alimentaire.
Concept de désert alimentaire
En fait,
plus de 400 000 Québécois vivraient aujourd’hui dans ce qu’il est permis d’appeler
un désert alimentaire. Étudié depuis plusieurs années, le concept de désert alimentaire se
définit, selon l’Institut
de la santé publique du Québec (INSPQ), selon trois
axes :
- la mesure de l’accès géographique aux aliments
sains et nutritifs ; - la fixation d’un seuil de distance permettant de
statuer sur le faible accès aux aliments ; - la localisation des quartiers
socio‐économiquement défavorisés.
En milieu urbain tel que Montréal ou Québec, un désert
alimentaire est un secteur défavorisé où il n’y a pas de commerce alimentaire dans un rayon
de 1 km. En contrepartie, en milieu rural, où la voiture est davantage utilisée, le seuil
peut être de plusieurs kilomètres. À ce titre, selon une étude menée en 2013 par l’INSPQ,
429 secteurs en milieu urbain (3,9 % de la population urbaine) et 408 secteurs en milieu
rural (13,1 % de la population rurale) peuvent être considérés comme des déserts
alimentaires.
Actuellement, toutes les régions du Québec sont marquées à
divers degrés par la présence de ces vides alimentaires. Sans compter que les secteurs
défavorisés sont souvent ceux qui comptent le plus de restaurants-minute. Donc en plus d’un
accès difficile à des aliments de bonne qualité, les citoyens de ces secteurs se voient
proposer un accès facile à des aliments de mauvaise qualité.
Nous n’apprenons rien à personne en affirmant que la Belle
Province est immense, mais très peu densifiée. Conséquemment, dans une logique de
rentabilité les bannières alimentaires vont presque toujours privilégier les grands centres
pour s’établir. Et même lorsqu’elles sont présentes en milieu rural, les épiceries ne
compteront pas toujours sur une grande diversité d’aliment et encore moins de produits
frais, car le besoin n’est pas toujours présent.
L’oasis coopérative
Le problème reste ainsi entier, mais il n’est pas
entièrement insoluble. Bien souvent, il ne sert à rien d’attendre une solution venant de
l’extérieur. Une prise en main collective représente pour beaucoup la solution aux problèmes
observés. C’est à ce titre que la combinaison des forces entre la Fédération des
coopératives d’alimentation du Québec (FCAQ) et la Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ)
prend tout son sens.
En effet, pour de nombreuses localités, le modèle
coopératif s’offre comme une alternative toute désignée aux grandes bannières, car il permet
d’assurer aux communautés une certaine stabilité d’accès à une vaste gamme d’aliments sans
avoir à dégager un profit important. Conséquemment, l’accès à des aliments frais et
diversifiés à moindre coût est ainsi rendu possible.
En combinant leurs efforts, la FCAQ et la CDRQ proposent
aux communautés ou promoteurs désireux d’implanter des coopératives d’alimentation la
meilleure expertise disponible dans le domaine et donc de meilleures chances de pérenniser
leur projet. De la création de la coopérative en passant par de l’aide aux opérations ou le
développement d’une vie associative, les deux organisations proposent une large gamme de
service dans toutes les régions du Québec. Qui plus est, ils peuvent même transformer un
service alimentaire existant en coopérative afin d’en assurer la survie ou pour lui donner
un meilleur ancrage dans son milieu.
Un désert n’est jamais entièrement sec. Ici et là on y
retrouve des oasis qui permettent de se ressourcer. À ce titre, faire confiance à la FCAQ et
la CDRQ c’est se donner la chance de créer ici et là des oasis qui permettront aux
communautés d’accéder à une plus grande diversité alimentaire.
La Coop St-Luc
En 2006, la fermeture de l’épicerie du village de
Saint-Luc-de-Matane en Gaspésie crée un grand vide alimentaire. Dès lors, les citoyens
décident de former une coopérative afin de combler les services perdus. L’équipe CDRQ/FCAQ
accompagnera les citoyens au cœur du projet afin de s’assurer du succès de leur entreprise.
Si bien que depuis 2019, la Coop
St-Luc compte 6 employés et désert plus de 800 membres et de nombreux
villégiateurs.

La Coop Bizz
Commerce phare en alimentation saine à Saguenay, le magasin Bizz n’a jamais cessé
de prendre de l’expansion depuis son ouverture en 2002. Une opportunité de croissance qui
n’a pas le succès escompté l’amène à la faillite. Voulant préserver la valeur ajouté
Bizz des travailleurs et partenaires du commerce décident de former une
coop. Les travailleurs ont alors recours aux services du duo FCAQ/CDRQ pour, entre autres,
analyser le potentiel du marché et les ventes. Le fruit de ce
travail permettra à la coop
d’ouvrir à nouveau ses
portes au cœur du centre-ville de Saguenay
dans une formule améliorée.
