7 mars 2024
•1 minutes read
Reprise collective: le Mont Orignal
Étude de cas
Reprise collective
En 2012, la station de ski Mont
Orignal, à Lac-Etchemin, a bien failli disparaitre! Heureusement, pour plusieurs
membres de la communauté, ce n’était pas une option.
Résultat: une reprise collective sous le modèle d’une
coopérative.
- Fondation de la station de ski Mont Orignal : 1974
- Mise en vente : 2012
- Constitution de la coopérative de solidarité : 2012
En mai 2012, le propriétaire de la station de ski, Michel Biron, annonce qu’il
souhaite vendre la montagne avant le 1er septembre et que s’il ne trouve d’acheteurs, il
procèdera au démantèlement des équipements pour les vendre à la pièce. Prix demandé:
2M$.
En premier, Michel Biron a approché la municipalité pour sonder son intérêt
d’acheter la station, mais il s’agissait d’une transaction impossible à réaliser pour cette
dernière.
« Cependant, considérant
les retombées socioéconomiques et les impacts d’une fermeture sur la région, la municipalité
a fait preuve de proaction en amorçant des démarches pour soutenir le projet d’une reprise
collective. » – Laurent Rheault, ancien directeur général de la
municipalité
Un défi de taille
Le défi était de taille : Sauver le Mont Orignal en
amassant les 2 M$ nécessaires à l’acquisition de la station.
La solution : Mettre sur
pied une coopérative de solidarité.
Marc Lacroix, un membre de la communauté, était sensible au modèle coop pour avoir
travaillé chez Desjardins. Il connaissait également la CDRQ, qu’il a aussitôt interpelée. Au
printemps 2012, un comité provisoire a été créé en vue de réunir des expériences
diversifiées, établir une stratégie, répartir le travail, préparer le plan d’affaires et
s’assurer d’un suivi régulier. Autant de démarches pour lesquelles la CDRQ a été mise à
contribution.
En quelques semaines, la coop a réussi à amasser les 2 M$ nécessaires. Les parts
acquises par les 60 membres fondateurs et les prêts et subventions accordés par la caisse
Desjardins, le CLD et le gouvernement du Québec ont constitué une grande partie de ce
montant. De plus, la municipalité de Lac-Etchemin a joué un rôle important en achetant,
entre autres, le chalet d’accueil de la station et les stationnements.
Autres défis relevés lors de la reprise collective
Le comité
provisoire ainsi que la municipalité ont réussi un véritable tour de force grâce à
la mobilisation du milieu. Ils ont fait preuve d’un grand leadership. Voici quelques défis
relevés :
- Échéancier très serré
- Financement de 2 M$ amassé en 13 semaines
- Constitution de la coop
- Mobilisation de la communauté (investissement, bénévolat)
- Couverture de presse abondante
Les forces de Mont Orignal
- Une clientèle et une notoriété bien établies.
- Des revenus de 1,3 M$ et des retombées économiques estimées à 2,6 M$.
- 80 emplois.
Objectifs de la reprise collective
- Maintenir le centre de ski en opération.
- Préserver les 80 emplois.
- Accroitre la notoriété de la station vers la grande région de Lévis, et même hors
de Chaudière-Appalaches.
Conditions gagnantes ayant favorisé la reprise
- Une volonté unanime du Conseil municipal et de l’équipe de direction
de la municipalité d’agir sur le développement local. - Une volonté rigoureuse d’utiliser son territoire et ses éléments
structurants en matière de tourisme comme effet levier favorisant le
développement. - Une grande transparence auprès de la population
locale et l’utilisation des fonds d’aide financière disponibles
auprès des instances de développement tels que MRC, SADC, institutions financières,
etc. - Collaboration, aide technique, disponibilité tout au
long du projet de relance, de la part de la
municipalité. - Un tandem fort, solide et empreint de confiance doit
être présent entre le Maire et le DG. - Un projet dont le plan favorise l’engagement des acteurs économiques
locaux et régionaux.
Le soutien de la communauté et des différents partenaires (Desjardins, CLD,
gouvernement) a beaucoup aidé au succès de l’initiative.
« La CDRQ a joué un rôle important aussi.
Elle a permis au comité
provisoire de choisir la forme de coop la plus appropriée, et de procéder à la
création de celle-ci, des règlements, de la mise en place de la gouvernance, des démarches
administratives, attacher le financement, etc. » – Marc Lacroix,
membre de la communauté
La municipalité: un partenaire essentiel
La municipalité a convaincu Desjardins d’investir dans le projet grâce à un fonds
de développement régional, mais ce n’était pas suffisant. Elle a proposé un règlement
d’emprunt pour lequel il n’y a eu aucune opposition. De plus, elle a sollicité des dons
auprès de la population permettant d’amasser 118 000$!
Pour en faire l’acquisition, la municipalité a proposé d’élargir la vocation du
chalet pour en faire un centre communautaire, tout en le louant à la coop pour la saison de
ski. Cette mécanique a permis d’apporter une contribution financière substantielle à la coop
(environ 700 000$) tout en se dotant d’une nouvelle infrastructure servant à la population.
Pour la coop, c’était moins de soucis puisque le prix de location comprenait l’entretien et
les réparations assurées par la municipalité.
« Si une infrastructure de tourisme et de
loisir devait cesser ses activités, je recommanderais au DG de la municipalité de rassembler
les informations démontrant l’importance de son impact socioéconomique sur la municipalité
et, plus largement sur la région, pour ensuite sensibiliser le maire et le conseil municipal
des impacts qui en découleraient. » – Laurent Rheault, ancien
directeur général de la municipalité
Quelques chiffres
- Ajout de 15 km de sentiers de ski de fond, représentant un investissement de plus
de 125 000$ au cours des trois dernières années. - Ajout de 45 km de sentiers de raquette.
- Ajout d’un sentier pédestre.
- Ajout d’une dizaine de sentiers de vélo de montagne.
- Ajout de 15 sites de camping.
- Création d’une offre de ski adapté pour les gens ayant des motricités réduites ou
des handicaps physiques ou intellectuelles. - Achalandage record de 33 200 skieurs malgré une baisse du nombre de jours
d’opération pour maximiser les heures d’ouverture et réduire les frais fixes. - Plus de 50 000 personnes se rendent au Mont Orignal annuellement.
Et l’avenir?
Grâce à la mobilisation engendrée par la coopérative, et le sentiment
d’appartenance et d’engagement de ses membres, le Mont Orignal a pu bénéficier de nombreux
développements au cours des dernières années. Résultat? La coop Mont Orignal est en train de
réaliser son objectif d’être un pôle d’attraction 4 saisons pour la région.
