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La CDRQ accompagne les communautés, les groupes de travailleurs et les citoyens qui souhaitent explorer des solutions collectives pour assurer la pérennité des services essentiels.
Article
•26 mars 2026
•5 minutes de lecture
Étude de cas
Reprise collective
À Baie-des-Sables, petite municipalité du Bas-Saint-Laurent, la fermeture annoncée de l’unique dépanneur-épicerie aurait pu marquer un point de rupture pour la communauté. Comme dans plusieurs villages du Québec, la perte d’un service de proximité essentiel menaçait non seulement l’accès à l’alimentation et au carburant, mais aussi la vitalité sociale et économique du milieu.
Plutôt que de laisser disparaître le Dépanneur chez B, les citoyennes et citoyens ont choisi une autre voie : la reprise collective sous forme de coopérative de solidarité. Une décision porteuse d’avenir, ancrée dans l’engagement local et soutenue par un accompagnement structurant.
Fondé en 1986, le Dépanneur chez B est depuis longtemps un point de repère à Baie-des-Sables. On y trouve une petite épicerie, du prêt-à-manger, une station-service… mais surtout un lieu de rencontre, un espace de vie qui contribue directement à l’attractivité du village.
Lorsque sa propriétaire envisage la fermeture faute de relève, l’enjeu dépasse largement la simple transaction commerciale : c’est l’avenir d’un service collectif qui est en jeu.
Dès l’annonce du risque de fermeture, le maire et plusieurs acteurs du milieu se mobilisent. Un comité de travail représentatif est mis sur pied, réunissant des personnes de différents âges, parcours et horizons. L’objectif : évaluer la faisabilité d’une reprise collective et mobiliser la population autour du projet.
La réponse de la communauté est sans équivoque. Lors de la première rencontre publique, près de 100 personnes sont présentes. L’intérêt est réel, l’engagement aussi. La reprise du dépanneur devient rapidement un projet de village.
Le choix du modèle coopératif — et plus précisément de la coopérative de solidarité — s’impose naturellement. Ce modèle permet :
Accompagnés par des spécialistes en développement coopératif, les porteurs du projet sont soutenus à chaque étape : compréhension du modèle, gouvernance, règlements généraux, mobilisation et structuration financière.
L’expérience du Dépanneur chez B met en lumière plusieurs facteurs clés de succès pour une reprise collective :
Ces éléments combinés augmentent significativement les chances de succès et de pérennité.
Comme tout projet de reprise, le chemin n’est pas sans défis.
Investir collectivement comporte une part de risque. La clé? La transparence. Une communication constante, des explications claires sur le modèle coopératif et une écoute active ont permis de bâtir la confiance.
Grâce à une campagne de financement citoyenne, à des fonds régionaux et à des partenaires de l’économie sociale, la coopérative a pu réunir les sommes nécessaires pour lancer le projet, avec une stratégie d’acquisition en deux temps.
La proximité d’une ville plus grande représentait un risque réel. Le message a été martelé : « La coopérative, c’est votre dépanneur ». Encourager les membres à y faire une partie de leurs achats devient un geste concret de soutien à leur milieu.
Aujourd’hui, la Coopérative de solidarité de Baie-des-Sables est bien plus qu’un commerce sauvé. Elle :
C’est un exemple inspirant de développement économique ancré dans la communauté, où les services de proximité deviennent un levier de vitalité et de cohésion sociale.
L’histoire du Dépanneur chez B démontre qu’il est possible, partout au Québec, de reprendre collectivement des entreprises essentielles et de leur donner une nouvelle vie. Avec le bon accompagnement, une mobilisation sincère et une vision partagée, la reprise collective devient un outil puissant pour préserver — et réinventer — nos milieux de vie.
La CDRQ accompagne les communautés, les groupes de travailleurs et les citoyens qui souhaitent explorer des solutions collectives pour assurer la pérennité des services essentiels.