Le modèle coopératif s'adapte aux différentes réalités du territoire

4 décembre 2020

1 minutes read

Le modèle coopératif s'adapte aux différentes réalités du territoire

Reprise collective

Selon les analystes économiques, la crise engendrée par la pandémie de
COVID-19 aura un impact majeur sur les entreprises du Québec. En effet, il y aura des
fermetures en proportion importante au cours des prochains mois. De même, les entreprises
œuvrant dans les services de proximité seront grandement affectées. Toutefois, certaines
entreprises et territoires auront peut-être la possibilité d’être sauvées par le modèle
coopératif. En outre, celui-ci pourrait donner un nouveau souffle à l’économie
québécoise.

« Le modèle coopératif et la municipalité, deux jumeaux séparés à la
naissance!
» C’est en ces termes que l’ex-directeur général de MRC
devenu directeur régional de la Coopérative de développement régional du
Québec (CDRQ)
, M Patrice Blais, présente les similitudes qui existent entre
les deux types d’organisation. En effet, le modèle municipal existe pour offrir des services
collectifs aux citoyens de son territoire. Quant à lui, le modèle coopératif existe pour
offrir des services collectifs à ses membres. « Et ce qui est le plus
ironique,
affirme-t-il, c’est que bien souvent, les membres d’une
coopérative sont les citoyens d’une municipalité ou d’une MRC
». C’est que le
modèle coopératif trouve sa pertinence dans le territoire.

« Le modèle coopératif et la municipalité, deux
jumeaux séparés à la naissance!
»

Patrice Blais expert dans le modèle coopératif
Patrice
Blais, directeur régional de la CDRQ, Bas-Saint-Laurent / Gaspésie-Les-Îles

Le modèle coopératif pour pérenniser les services essentiels

Ainsi, dans chaque territoire, on trouve généralement un œkoumène de consommateurs et de
travailleurs pouvant supporter une certaine quantité de commerces et de services marchands
de proximité. C’est le cas des marchés d’alimentation, des quincailleries, des stations
d’essence, des restaurants, des commerces de vêtements et de souliers, des services
professionnels (tels bureaux de psychologues, ingénieurs, architectes) et de tout autre
service que l’on retrouve dans une ville centre d’une MRC. Au total, le Québec
compte près de 400 entreprises coopératives
œuvrant dans les différents
secteurs des services de proximité.

Selon M. Mathieu Vigneault, directeur général de la CDRQ et ancien directeur général du CLD
de la région D’Acton, le modèle coopératif est une réponse possible à un défi bien réel. Et
c’est dans cet esprit que la CDRQ a décidé d’aborder les partenaires municipaux en proposant
une réponse probante pour pérenniser les services essentiels des populations de villes
centres de MRC partout au Québec.

Les forces du modèle coopératif sur le territoire

À cet effet, le mot pérennisation prend tout son sens quand on sait que la
coopérative a une durée de vie deux fois plus longue que l’entreprise privée

traditionnelle. Ainsi, 44 % des coopératives existent encore après 10 ans, contre seulement
21 % des entreprises privées. L’une des plus grandes forces du modèle
coopératif est sa résilience en temps de crise.
Cette grande qualité
s’explique notamment par le fait que les coopératives s’appuient sur une communauté de
membres engagés dans la réussite de leur entreprise. Oui, leur entreprise, car elle leur
appartient littéralement.

A contrario, l’entreprise privée traditionnelle repose trop souvent sur les épaules d’une
seule personne, propriétaire entrepreneur, une seule paire d’épaules finit par avoir ses
limites, peu importe la force du cœur à l’ouvrage! Les coopératives ont une place
particulièrement importante dans le développement économique régional puisqu’elles
permettent à la fois de favoriser les retombées locales et de maintenir des emplois de
qualité dans toute la région.

Quel rôle joue la CDRQ sur le territoire ?

La CDRQ a un rôle bien précis dans la mise en place des entreprises coopératives au Québec.
Elle est directement mandatée par le ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI). Elle
accompagne notamment tout groupe de promoteurs désireux de constituer une nouvelle
coopérative ou désirant acheter une entreprise à vendre. Dans ce dernier contexte, la CDRQ
œuvre en étroite collaboration avec le Centre de transfert d’entreprise du
Québec (CTEQ)
. Ensembles, ils établissent un parcours clair et facilitant
pour les propriétaires d’entreprises désirant vendre à ses employés, ses clients ou ses
fournisseurs qui voudraient se constituer en coopérative. Les deux organisations sont
d’ailleurs à pied d’œuvre depuis quelques années pour promouvoir les potentiels de la
reprise collective d’entreprise.

Accord de coopération pour le développement coopératif du territoire

La CDRQ a signé plusieurs accords de coopération avec des MRC (notamment Rivière-du-Loup,
Témiscouata et la Matapédia). De même, elle a des ententes avec des Sociétés
d’aide au développement des collectivités
(SADC). Ces partenariats permettent
notamment de donner des services essentiels aux entreprises coopératives de la région.
Ainsi, la CDRQ est mandatée pour assurer un suivi sur 24 mois des coopératives en démarrage.
Par ailleurs, elle propose un accompagnement à valeurs ajoutées pouvant aller jusqu’à 12
mois pour le développement de coopératives existantes. Cet accord se veut également une
entente de réciprocité. Dorénavant, tous les projets d’entreprises coopératives sur le
territoire couvert seront réalisés en étroite collaboration.

Guide de positionnement simplifié en reprise collective d’entreprise

La CDRQ a programmé un outil diagnostique sur une plateforme Web. Celui-ci permet de
diagnostiquer le potentiel de reprise de l’entreprise par une coopérative. Cet outil se
nomme Guide de positionnement simplifié
en reprise collective d’entreprise (GPS-RC)
. « En
démystifiant les potentiels de la reprise collective, on pourra sans aucun doute sauver des
entreprises de services essentiels aux citoyens dans l’ensemble des collectivités du
Québec
», assure Mathieu Vigneault. « Mais pour y arriver, on a
grandement besoin de l’appui du monde municipal, car la CDRQ ne peut agir seule dans cette
lutte pour la relance économique post-COVID-19
», conclut Patrice Blais.

Retour en haut