Article
•9 mai 2022
•1 minutes read
Le modèle coop dans les infrastructures de loisir municipal
Tourisme et loisirs
Avez-vous déjà observé le modèle coop dans les infrastructures de loisir
municipal ? Or, pour répondre au besoin de la population et être accueillantes, les
municipalités cherchent toujours à garantir l’accès à une gamme de services en culture et en
loisirs. En ce sens, le modèle coopératif peut être un levier dans le développement de
certaines de ces infrastructures. Voyons voir comment et les avantages qui en découlent.
Atomes crochus entre coopératives et municipalités
Tout d’abord, une coopérative est une personne morale regroupant des personnes ou des
sociétés qui ont des besoins économiques, sociaux ou culturels communs, et qui, en vue de
les satisfaire, s’associent pour exploiter une entreprise. Ensuite, lorsqu’on analyse le
modèle d’affaires, on remarque qu’à bien des égards, cette forme d’entreprise s’apparente à
un organisme municipal. Dans les deux cas, il s’agit de gens qui versent une
cotisation (en parts ou en taxes) pour se payer collectivement un service commun.
Bien souvent, les membres d’une coopérative sont les citoyennes et citoyens d’une
municipalité ou d’une MRC. Ce qui explique cet état de fait est que la plupart du temps, le
modèle coopératif trouve sa pertinence dans un espace de proximité géographique.

Patrice Blais
Directeur
régional
De plus, l’idée centrale du modèle coop est de servir au mieux ses membres. Quant à elle, la
municipalité exerce des responsabilités en matière de loisir public notamment l’accès aux
équipements de loisir municipaux. Or, plusieurs de ces équipements ne sont pas gratuits pour
leurs usagers (piscines, centres de ski, arénas, etc.), ce qui signifie que la propriété et
les opérations de ces équipements pourraient en théorie revenir à une coopérative.
Envisager le potentiel coop du loisir municipal
D’abord, une municipalité qui envisage l’avenue coop aurait intérêt à effectuer un sondage
populationnel permettant de mesurer deux indicateurs indispensables :
- Le niveau d’utilisation potentiel de la future infrastructure par la
population - Le niveau d’engagement financier possible des utilisateurs éventuels
Ainsi, si on veut analyser le potentiel coop d’une infrastructure de loisir, on doit
absolument commencer par se poser la question suivante : « Les utilisateurs de
l’infrastructure de loisir devront-ils payer pour y avoir accès ? » Dans
l’affirmative, il est implicite que le modèle coopératif offre un certain potentiel, surtout
la coop de solidarité. En effet, une coopérative de solidarité a des caractéristiques bien
particulières. Elle regroupe au moins deux catégories de membres parmi les suivantes :
- membres utilisateurs : des
personnes ou sociétés qui utilisent les services offerts par la coopérative en tant que
producteurs ou consommateurs - membres travailleurs : des
personnes physiques œuvrant au sein de la coopérative
- membres de soutien : toute
autre personne ou société qui a un intérêt économique, social ou culturel dans l’atteinte de
l’objet de la coopérative
Plusieurs avantages sont donc possible grâce à ce type de coopérative. Parmi ceux-ci notons
que l’organisme municipal pourrait notamment continuer de soutenir la coopérative à titre de
membre de soutien.
Le modèle coopératif comme levier opérationnel et ses avantages
En somme, un organisme municipal (MRC ou municipalité) peut planifier le développement de
certaines de ses infrastructures de loisir en se servant du modèle coopératif comme levier
opérationnel. En effet, une coopérative pourrait d’abord être mise en place pour la gestion
des opérations courantes et assurer le service à la clientèle. Puis, elle pourrait, dans une
seconde étape, se porter acquéreuse de l’infrastructure. Le modèle coopératif offre
notamment les avantages suivants pour les loisirs municipaux :
- Gestion partagée
- Formule démocratique
- Lien d’usage avec les membres
- Diversité des activités offertes
- Disponibilité de programmes de financement
Bref, les organismes en loisirs ont tout à gagner de cette gestion participative. De plus,
le modèle d’affaires permettrait notamment :
- Établir des partenariats visant le maintien ou le développement de l’accessibilité
à des services ou infrastructures de loisir - Assurer la continuité du soutien financier municipal à moindre coût comme membre
de soutien - Avoir accès à des programmes de financement parmi les plus avantageux sur le
marché, notamment à ceux rattachés à la reprise collective d’entreprises - Assurer une meilleure fidélisation et un engagement plus ferme des usagers qui
adhéreraient à la coopérative à titre de membres utilisateurs - Appliquer plus adéquatement le principe utilisateur-payeur propre au modèle
coopératif - Favoriser la pérennisation accrue du projet par la concertation locale en plus de
l’appui municipal
Bref, le modèle coopératif offre un espace d’implication. Ainsi, la population peut non
seulement profiter de ce que la municipalité propose mais également, faire partie de la
solution. Par conséquent, cette implication devient une belle preuve que la municipalité
investira dans une infrastructure de loisirs utile, voulue et animée par les citoyennes et
citoyens. En ce sens, les coopératives en loisirs sont de plus en plus nombreuses au Québec.
Découvrez-en quelques-unes au Bas-Saint-Laurent dans cet article.
Cet article est tiré de Patrice Blais, « Le modèle coopératif comme voie
d’investissement dans les infrastructures de loisir » Observatoire québécois du
loisir 16 (8), 2019.