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•12 septembre 2022
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Des services de proximité dans sa municipalité grâce au modèle coop
Démarrer son entreprise
Reprise collective
C’est indéniable, le modèle coopératif puise sa pertinence, entre autres,
dans un espace de proximité géographique. Et dans cet espace de proximité, on trouve
généralement des consommateurs et des travailleurs pouvant supporter une certaine quantité
de magasins et d’activités commerciales. C’est le cas des marchés d’alimentation, des
quincailleries, des stations d’essence, des restaurants, des boutiques de vêtements, des
services professionnels et de tout ce que l’on retrouve dans une ville centre. Au total, le
Québec compte près de 400 entreprises coopératives œuvrant dans différents secteurs des
services de proximité.
Pérenniser ses services de proximité
Selon les analystes, la crise économique engendrée par la pandémie aura un impact majeur sur
les entreprises québécoises. Il y aura notamment des fermetures en proportion importante au
cours des prochains mois et les commerces de proximité seront également affectés. Toutefois,
le modèle coopératif offre l’occasion de reprise d’entreprise en mode collectif.
Le modèle d’affaires coop est une réponse possible à un défi bien réel. Et c’est dans cet
esprit que la CDRQ a décidé d’aborder les partenaires municipaux en proposant une solution
probante pour perpétuer les services essentiels partout au Québec.

Mathieu Vigneault
Directeur général (2019-2023)
À cet effet, le mot « pérennisation » prend tout son sens quand on sait que la coopérative a
une durée de vie deux fois plus longue que l’entreprise privée traditionnelle. Ainsi, 46 %
des coopératives existent encore après 10 ans, contre seulement 21 % des entreprises
privées. L’une des plus grandes forces de ce modèle entrepreneurial est sa résilience en
temps de crise. Cette qualité s’explique notamment par le fait que les coopératives
s’appuient sur une communauté de membres qui s’engagent dans la réussite de leur
organisation. À contrario, l’entreprise privée traditionnelle repose trop souvent sur une
seule personne. Or, une paire d’épaules finit par avoir ses limites, peu importe la force du
cœur à l’ouvrage !
La municipalité comme membre de la coopérative
Saviez-vous que la loi no.22 vise
principalement à reconnaître les municipalités comme étant des gouvernements de
proximité et, à ce titre, à augmenter leur niveau d’autonomie, leurs pouvoirs ?
On a pris soin dans cette loi d’éclaircir une zone grise en regard des liens entre une coop
et une municipalité. Depuis son adoption, en 2017, une municipalité ou une MRC peut
désormais adhérer à une coopérative en tant que membre de soutien ou membre utilisateur.
Cette possibilité ouvre ainsi une porte aux municipalités afin qu’elles soutiennent les
entreprises coopératives de services essentiels aux populations locales. La stratégie repose
sur un investissement de la municipalité en achat
de parts privilégiées de la coopérative (levier financier). Une avenue qui permet
de maintenir des services marchands essentiels à l’attractivité des villes centres et des
MRC envers des familles en recherche d’un milieu de vie dynamique.
Cette stratégie comporte plusieurs avantages. La municipalité ou MRC n’a pas à subventionner
la coop, mais seulement lui prêter un montant (à l’aide des parts privilégiées) pour une
période donnée statuée entre les parties. Une approche similaire à ce que font déjà les
organismes de développement municipal à l’aide du Fonds local d’investissement (FLI). La loi
permet, également, au prêteur d’exiger des intérêts (négociés) sur les parts qu’elle
détient. En contrepartie, pour la coopérative, l’appui financier d’une municipalité peut
donner confiance à de futurs bailleurs de fonds (ex. Caisses ou banques). Mais surtout, elle
assure une assise solide au projet et son développement.
À la fin de la période de détention des parts, la MRC ou la municipalité peut récupérer le
montant investi plus les intérêts, le cas échéant, et s’en servir pour financer d’autres
projets de la communauté.
Le rôle de la CDRQ
La Coopérative de développement régional du Québec a un rôle bien précis dans la mise en
place des entreprises coopératives au Québec. Elle est directement mandatée par le ministère
de l’Économie et de l’Innovation pour accompagner tout groupe de promoteurs désireux de
constituer une nouvelle coopérative proposant un nouveau service ou désirant acheter une
entreprise à vendre. Dans ce dernier contexte, la CDRQ œuvre en étroite collaboration avec
le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) afin d’établir un parcours clair et
facilitant pour les propriétaires d’entreprises désirant vendre à son personnel, sa
clientèle ou ses fournisseurs qui voudraient, en retour, se constituer en coopérative. Les
deux organisations sont d’ailleurs à pied d’œuvre depuis quelques années pour promouvoir les
potentiels de la reprise en mode collectif d’entreprise.
En faisant connaître les potentiels de la reprise collective, il est possible de sauver des
entreprises de services essentiels, mais pour y arriver, l’entrepreneuriat collectif a
grandement besoin de l’appui du monde municipal, car la CDRQ ne peut agir seule dans cette
lutte pour la relance économique.
En terminant, pour avoir une idée des plus beaux exemples de reprise d’entreprise en mode
collectif réalisés au Québec et pour savoir comment vous pourriez devenir un acteur
important de la résilience des services essentiels de votre territoire, nous vous invitons à
suivre le webinaire de la CDRQ en reprise
collective d’entreprises.