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•3 juillet 2024
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Coopérative de solidarité : Définition, fonctionnement et avantages
Coopérative
Vous voulez réaliser un projet à portée économique et sociale ? La formule
coopérative conjugue démocratie et efficacité, équité et compétitivité. En ce sens,
la coopérative de solidarité peut constituer un cadre juridique intéressant
pour un projet comportant divers types de membres voulant prendre part au
processus décisionnel et devenir partenaires.
Qu’est-ce qu’une coopérative de solidarité ?
Apparue au Québec en 1997, la coopérative de solidarité est une entreprise collective qui
regroupe divers types de membres : usagers, travailleurs et membres de soutien. Leur but est
notamment de participer activement au processus décisionnel et de devenir partenaires.
En outre, dans une coopérative de solidarité, on retrouve les catégories de membres
suivantes :
- Membres utilisateurs : personnes ou sociétés
utilisant les services de la coopérative pour obtenir des biens ou services. - Membres travailleurs : individus œuvrant au sein de
la coopérative en tant que salariés. - Membres de soutien : personnes ou sociétés ayant un
intérêt économique, social ou culturel dans la coopérative, mais n’utilisant pas directement
ses services.
Saviez-vous que plus de 500 coopératives de solidarité sont enregistrées au Québec ? Les
coopératives de solidarité sont présentes dans divers secteurs comme les services à
domicile, les services professionnels, le tourisme, les loisirs, les services de garde, les
arts et la culture, l’environnement et les services de proximité. Par exemple, La Chope
Angus a été fondée en 2019 sous la forme d’une coopérative de solidarité. Elle
opère une brasserie artisanale du même nom depuis juin 2022 dans l’écoquartier du Technopôle
Angus à Montréal.
La gestion d’un territoire par une coopérative de solidarité
La gestion participative du territoire par une coopérative de solidarité constitue un outil
précieux de protection territoriale et de croissance socioéconomique, particulièrement dans
les régions éloignées. Deux exemples emblématiques de ce modèle sont la Vallée Bras-du-Nord
et la coopérative de l’Arrière-Pays.
La Vallée Bras-du-Nord, située à Saint-Raymond-de-Portneuf, est
une coopérative de solidarité qui réunit employés, producteurs de services touristiques et
propriétaires terriens pour développer des infrastructures touristiques locales de manière
durable et qualitative. Depuis près de deux décennies, cette coopérative pionnière de la
région de la Capitale-Nationale se distingue par sa gestion participative du territoire,
impliquant divers acteurs comme des entreprises touristiques, des agriculteurs et des
travailleurs forestiers. De plus, la coopérative œuvre à l’insertion socioprofessionnelle en
employant chaque année des jeunes en difficulté pour l’entretien de ses 100 km de sentiers.
Les élèves de l’école Louis-Jobin bénéficient également des infrastructures de la coop pour
leur programme en concentration plein air, illustrant ainsi l’impact positif sur la
communauté locale.
La coopérative de l’Arrière-Pays, située au Témiscamingue,
adopte une vision ambitieuse dès sa première année d’opération. Elle regroupe le tourisme
d’aventure, l’agriculture biologique innovante et les énergies renouvelables pour soutenir
la vitalité de cette région éloignée. Les offres variées incluent des randonnées, des
activités en traîneau à chien, du canot-camping, et des services de location d’équipement et
d’hébergement. La coopérative met également l’accent sur la synergie entre l’humain et la
nature, offrant des expériences sécuritaires, respectueuses de l’environnement et
innovantes.
Le fonctionnement d’une coopérative de solidarité
Nous avons vu que dans ce type de coopérative, les membres sont regroupés en trois
catégories : les membres utilisateurs (qui utilisent les services ou produits de la
coopérative), les membres travailleurs (qui y travaillent), et les membres de soutien (qui
partagent les objectifs de la coopérative et apportent leur soutien sans utiliser les
services ou y travailler directement).
Chaque catégorie de membres a un rôle et une voix dans la gouvernance de la coopérative et
participe selon trois dimensions :
- Participation économique
Les membres d’une coopérative de solidarité contribuent de manière équitable au capital de
leur coopérative. Le montant exigé pour devenir membre peut varier selon les besoins et la
capacité financière des membres, favorisant ainsi une large participation économique.
- Participation au pouvoir
Indépendamment du nombre de parts détenues ou du volume d’affaires réalisé avec la
coopérative, chaque membre dispose d’un vote, respectant le principe démocratique de « un
membre, un vote ». L’élection aux postes du conseil d’administration est ouverte à tous les
membres, permettant à chacun de participer de manière significative à la gouvernance.
- Participation aux résultats
Les excédents réalisés par la coopérative sont affectés à la réserve pour consolider la
situation financière ou pour le développement. Les membres peuvent décider de se répartir
une partie des excédents sous forme de ristournes, sauf pour les membres de soutien.
Bref, ce modèle répond aux besoins sociaux, économiques et culturels de ses membres en
offrant un cadre participatif et démocratique. Les membres s’impliquent activement dans la
gestion, renforçant le sentiment d’appartenance et de responsabilité collective.
Les avantages de la coopérative de solidarité
Les coopératives de solidarité offrent plusieurs avantages à leurs membres :
- Démocratie et appartenance
Les membres exercent un pouvoir démocratique et développent un sentiment d’appartenance
grâce aux principes de solidarité, de partage et d’équité. Chaque membre a une voix dans les
décisions importantes, ce qui renforce la cohésion et l’engagement envers les objectifs
communs de la coopérative.
- Rentabilité et réussite sociale
La structure combine rentabilité économique et réussite sociale. Elle offre une flexibilité
pour s’adapter aux besoins des membres. Ce modèle génère des revenus et crée des emplois
locaux. Il fournit aussi des services essentiels à la communauté. Les initiatives de la
Vallée Bras-du-Nord et de la Coopérative de l’Arrière-Pays en sont des exemples.
- Avantages économiques
Les membres de coopératives de solidarité bénéficient de mesures fiscales (sous certaines
conditions) pour favoriser la capitalisation. Elles ont une responsabilité financière
limitée. Elles peuvent redistribuer les excédents aux membres travailleurs et utilisateurs.
Cette redistribution renforce l’engagement des membres. Elle assure une répartition
équitable des bénéfices. Cela favorise la stabilité et la durabilité financière de la
coopérative.
En bref
Enfin, les coopératives de solidarité offrent un cadre propice à la réalisation de projets à
fort impact économique et social. En conjuguant démocratie, équité et compétitivité, elles
permettent de créer des entreprises durables et résilientes, ancrées dans leur communauté.
Pour ceux qui cherchent à s’engager dans une initiative collective et participative, la
coopérative de solidarité représente une option juridique et opérationnelle très
intéressante.
Psst. Ce billet s’inscrit
dans une série dédiée à explorer les 5 types de coopératives. L’objectif est de
vous éclairer sur les spécificités chaque modèle, qu’il s’agisse de coopérative de solidarité ou :
- Coopérative
de travail - Coopérative
de production - Coopérative de
travailleurs actionnaire - Coopérative
de consommation
À mesure que vous explorez cette série, découvrez les
facettes de ces organisations ainsi que leur impact positif sur les communautés. Pour en
savoir plus sur les autres types de coopératives mentionnés, n’hésitez pas à consulter les
billets correspondants !