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•11 juillet 2024
•1 minutes read
Une vision pour les coopératives au Québec
Actualité
Coopérative
Entretien avec Evan Murray,
directeur général de la CDRQ
En juin 2024 dans le cadre du Congrès annuel
de Coopératives et Mutuelles Canada (CMC) qui se déroulait à
Halifax, M. Evan Murray, directeur général de la Coopérative de développement régional du
Québec (CDRQ) témoignait des actions
spécifiques de la CDRQ sur différentes thématiques liées à la coopération dans le
cadre du panel de discussion
Construire une économie coopérative.
Se côtoyaient alors sur scène des accompagnateurs de
coopérative provenant de réalités et provinces différentes. M. Murray partageait le panel
avec Pascal Billard, PDG de SOL-AIR
Consultants, Kristen Murray, spécialiste de projet avec la Newfoundland-Labrador Federation of Co-operatives,
Audra Krueger, directrice générale de Cooperatives First, et Naisha Khan,
agente de développement coopératif avec Solid
State Industries.
Voici un résumé, livré lors du panel, de sa vision et de sa
pensée sur les défis actuels permettant de construire une économie coopérative québécoise
forte!

Directeur général – CDRQ
Une organisation ancrée dans l’histoire
et les territoires
Depuis sa création, il y a plus de 40 ans, la CDRQ regroupe
des coopératives et différents acteurs de la coopération et de l’entrepreneuriat collectif
québécois, à la fois pour susciter le développement coopératif dans les territoires et les
accompagner dans leurs projets.
« Fort de notre ancrage dans le milieu coopératif et en<br /> adéquation avec nos valeurs, nous avons récemment ouvert notre membrariat aux entreprises<br /> collectives OBNL qui respectent la Loi sur l’économie sociale au Québec. »
Evan Murray
Cette ouverture renforce l’engagement de la CDRQ à inclure
divers acteurs de l’économie sociale et à favoriser un développement collectif plus
inclusif. Car, pour construire une économie qui est plus coopérative, il faut que les
actions et les valeurs soient connues et reconnues à travers toutes les tribunes possibles,
particulièrement auprès des groupes avec qui nous partageons des points communs.
Complexification et professionnalisation
de l’accompagnement
Evan Murray souligne également une évolution majeure dans
l’accompagnement des entreprises collectives : L’accompagnement s’est complexifié
et professionnalisé. Il est désormais moins intuitif et plus robuste, intégrant des aspects
légaux, fiscaux, numériques et de ressources humaines. Cette évolution répond à
la nécessité de fournir un soutien structuré et adapté aux entreprises dans un contexte
économique incertain. C’est exactement ce qui a été réalisé à la CDRQ et les coopératives
ainsi que les OBNL l’apprécient. Le tout a été rendu possible grâce à des partenariats avec
d’autres fournisseurs de services, par l’internalisation de services et en bonifiant
l’équipe de professionnels du domaine juridique, comptable et numérique.
Deux grandes actions pour une économie
plus coopérative
La CDRQ se concentre sur deux actions principales pour
promouvoir une économie coopérative :
Reprise d’entreprises en mode collectif
Le rachat d’entreprises privées par des coopératives
existantes ou par de nouvelles coopératives. Une étude récente du Centre de
transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) indique qu’au Québec, il se fait plus
de transferts que de créations d’entreprises, ce qui souligne l’importance de la reprise
collective. Avec plusieurs collaborateurs, la CDRQ est résolument en action sur le sujet
pour favoriser un bon nombre de reprises par les travailleurs, les clients, les fournisseurs
ou la communauté.
Soutien aux coopératives en
expansion
La CDRQ accompagne les coopératives en phase d’expansion ou
de changement d’échelle. Un exemple notable est celui des librairies indépendantes du
Québec, connues sous le nom « Les libraires », qui ont su s’adapter aux défis de la pandémie
et ainsi faire une différence majeure pour ses membres. En plus d’avoir augmenté les
capacités et adapté sa plateforme publique en ligne au bénéfice de l’expérience d’achat pour
la clientèle. Le tout a été fait pour ramener les clients du site en boutique chez les
membres afin de dynamiser l’achat et la fréquentation des commerces locaux.
Un ancrage solide dans l’écosystème
coopératif
Pour répondre aux besoins uniques des différentes
populations, la CDRQ adopte une approche partenariale et ancrée dans l’écosystème
coopératif, territorial et sectoriel. Selon Evan, trois angles sont essentiels :
- Ancrage auprès des entreprises : Les idées et
références proviennent directement des entreprises. - Ancrage dans l’écosystème : Collaboration avec
divers relais et partenaires. - Ancrage régional et sectoriel : Intégration dans
les régions et secteurs spécifiques pour mieux répondre aux contextes locaux.
Innovations et développement durable
L’innovation joue un rôle crucial dans le développement
coopératif, notamment en matière d’action climatique et d’équité sociale. D’ailleurs, la
CDRQ a mis en place des formations pour son personnel sur l’économie circulaire et les
pratiques écoresponsables. Nous l’appliquons pour nous et demandons aux équipes de
l’appliquer partout, affirme Evan. Nous avons d’ailleurs choisi de collaborer
activement avec des experts dans ce domaine. Une enquête menée sur 165 coopératives a révélé
que celles-ci contribuent de manière significative à l’économie circulaire. Huit modèles
économiques ont été identifiés, chacun jouant un rôle clé dans la promotion de la
durabilité. Parmi ces modèles, les « mutualiseurs », qui coordonnent le partage d’outils et de
produits, sont les plus répandus. À ce titre, nous vous recommandons chaudement de consulter des outils de vulgarisation
produits par l’organisme Territoires innovants en économie sociale et
solidaire (TIESS) sur le sujet.
Vers une économie coopérative
florissante
Selon Evan, une économie coopérative florissante repose sur
plusieurs piliers : un accès amélioré au capital, des révisions législatives favorables, et
une sensibilisation accrue du public aux coopératives. Il est crucial de
communiquer ce que nous faisons et de faire ce que nous disons, insiste-t-il,
soulignant l’importance de la transparence et de l’engagement.
—
En conclusion, la vision d’Evan Murray pour la CDRQ est
celle d’une organisation qui évolue avec son temps. Elle répond aux besoins croissants des
entreprises collectives tout en promouvant des valeurs de coopération, d’inclusivité, de
durabilité et de collaboration avec ses nombreux partenaires. C’est pourquoi l’engagement de
la CDRQ envers une économie plus coopérative et solidaire est clair.