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•23 mai 2025
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Rebâtir l’équité en emploi : genre, justice et dignité
Actualité
Développement durable
Le Sommet de l’économie sociale 2025 m’a rappelé une chose essentielle :
l’équité en emploi ne va pas de soi. Malgré les progrès, elle reste un combat quotidien, ici
même, au Québec. Derrière les statistiques, ce sont des vies freinées par des inégalités
persistantes – entre les genres, les origines, les réalités vécues. Et ces injustices se
renforcent lorsqu’elles se croisent : être femme, racisée, en situation de handicap ou mère
monoparentale, c’est souvent cumuler les obstacles. Mais ce que le Sommet a aussi mis en
lumière, c’est l’espoir. L’économie sociale agit déjà, concrètement, pour bâtir des milieux
de travail plus justes, inclusifs et porteurs de dignité.
Des chiffres qui parlent… et qui dérangent
Les données sont claires :
- Les femmes gagnent en moyenne 17 % de moins que les
hommes. - Elles sont plus nombreuses dans les emplois
précaires, à temps partiel, sous-payés. - Elles cotisent moins au régime de retraite, et leur
patrimoine est 30 % inférieur à celui des hommes. - Les mères sont particulièrement pénalisées : 68 %
d’entre elles ne peuvent retourner au travail à temps plein après un congé
parental. - Les femmes immigrantes, racisées, autochtones ou en situation de
handicap cumulent les obstacles.
Et que dire du travail invisible ? Ce travail non rémunéré,
souvent assumé par les femmes – soins, tâches domestiques, proche aidance – est encore
largement ignoré dans les politiques publiques.
L’intersectionnalité : une réalité, pas un
concept
Ce qui m’a frappée dans les travaux du Sommet, c’est la reconnaissance de
l’intersectionnalité. Parce qu’on ne vit pas les inégalités de la même façon selon qu’on est
une femme, une personne racisée, une jeune mère, une personne LGBTQ+, une personne en
situation de handicap ou une personne immigrante. Ces réalités se croisent, se cumulent, se
renforcent.
L’économie sociale : un levier d’équité
Heureusement, des solutions existent. Et elles sont déjà à l’œuvre dans l’économie sociale.
- Des entreprises d’insertion accompagnent les
personnes éloignées du marché du travail. - Des entreprises adaptées créent des milieux inclusifs
pour les personnes vivant avec une incapacité. - Des coopératives de travail donnent une voix aux
employé·es dans la gouvernance. - Les CPE ont permis à des milliers de femmes
d’intégrer le marché du travail.
Ces modèles placent l’humain – pas le profit – au cœur de leur mission. Ils démontrent qu’il
est possible de bâtir des milieux de travail équitables, inclusifs, porteurs de sens.
Des actions concrètes à poser
Le cahier
thématique propose des pistes fortes :
- Valoriser les métiers à prédominance féminine,
notamment dans les soins, le « care ». - Compenser les iniquités liées à la parentalité et à la proche
aidance. - Adapter les conditions de travail pour permettre la
pleine participation des femmes. - Former les acteurs de l’économie sociale aux enjeux
de genre, de diversité et d’inclusion. - Rehausser les ressources pour l’insertion
socioprofessionnelle des groupes marginalisés.
Et maintenant ?
L’équité ne se décrète pas. Elle se construit et surtout, elle se défend. Elle se vit dans
les politiques, dans les pratiques, dans les milieux de travail, dans les choix collectifs.
Ce Sommet m’a rappelé que l’économie sociale n’est pas seulement un modèle économique. C’est
un projet de société. Un projet qui me ressemble. Et qui, je l’espère, nous rassemble.
✍️ Chroniques de retour du
Sommet
Je m’appelle Charlotte Lafond-Desmarais. Je suis passionnée par notre territoire, nos
communautés, la culture et les projets collectifs qui redonnent vie à nos milieux. J’ai eu
le privilège de participer au Sommet de l’économie sociale
2025. Cet événement a été riche en idées, en rencontres et en perspectives. À
travers cette série de chroniques, je partage les réflexions et les pistes d’action qui en
ont émergé. Mon objectif : nourrir la discussion et mettre en lumière les initiatives
porteuses.