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•5 juillet 2024
•1 minutes read
L’impact durable des coopératives alimentaires
Agriculture
Commercialisation
Coopérative
L’accès à une alimentation saine et variée est souvent pris pour acquis, mais
de nombreuses personnes sont confrontées aux déserts alimentaires au Québec. Face à ce défi,
les coopératives alimentaires, et particulièrement le mouvement Manger Coop, proposent des
solutions locales et durables.
Cet article explore le concept de désert alimentaire, examine l’impact des coopératives et
souligne leurs bénéfices pour les communautés, créant des oasis de solidarité et de
résilience économique dans les quartiers et villages du Québec.
Comprendre le concept de désert
alimentaire
Aujourd’hui, on estime que plus de 500 000 Québécois et Québécoises vivent dans ce qu’on
appelle un désert alimentaire. Selon l’Institut national de santé publique du Québec
(INSPQ), un désert alimentaire se définit par trois critères essentiels :
- Accès géographique : La distance à laquelle se
trouvent des aliments sains et nutritifs. - Seuil de distance : La distance maximale considérée
pour un accès raisonnable aux aliments. - Quartiers défavorisés : La présence de déserts
alimentaires dans les zones socio-économiquement défavorisées.
Dans les grandes villes comme Montréal ou Québec, un désert alimentaire est une zone
défavorisée où il n’y a pas de commerce alimentaire dans un rayon d’un kilomètre. En milieu
rural, où l’utilisation de la voiture est plus courante, cette distance peut s’étendre sur
plusieurs kilomètres. Une étude de l’INSPQ révèle que 500 secteurs urbains (5 % de la
population urbaine) et 450 secteurs ruraux (15 % de la population rurale) sont classés comme
déserts alimentaires.
Défis et paradoxes alimentaires
Les déserts alimentaires touchent toutes les régions du Québec à des degrés divers. Les
secteurs défavorisés sont souvent ceux où l’on trouve une forte concentration de
restaurants-minute, offrant un accès facile à des aliments de moindre qualité. En revanche,
les grandes enseignes alimentaires privilégient les zones densément peuplées, laissant les
zones rurales et certaines zones urbaines sans une offre diversifiée et de qualité. Même
lorsqu’elles sont présentes, les épiceries rurales n’offrent souvent qu’une gamme limitée de
produits frais en raison d’une demande perçue comme insuffisante.
Les coopératives alimentaires : des oasis dans le
désert
Malgré les défis posés par les déserts alimentaires, des solutions existent, notamment grâce
aux initiatives locales et collectives. L’implantation de coopératives alimentaires se
révèle prometteuse pour améliorer l’accès aux aliments nutritifs, la qualité de
l’alimentation, et la vitalité communautaire, particulièrement dans les petites communautés.
En ce sens, la Fédération des coopératives d’alimentation du Québec (FCAQ) et la Coopérative
de développement régional du Québec (CDRQ) unissent leurs forces pour offrir des
alternatives collectives aux grandes enseignes.
Les coopératives alimentaires procurent stabilité et accès à une gamme variée de produits
sans la pression des profits. La FCAQ et la CDRQ aident donc les communautés à créer et
pérenniser ces coopératives, offrant des services allant de la création à l’aide
opérationnelle et au développement associatif. Elles peuvent même transformer des commerces
existants en coopératives pour assurer leur survie et leur ancrage local.
Consultez
la boîte à outils sur l’implantation d’une coopérative alimentaire >
Manger COOP : un mouvement pour soutenir les
communautés
Connaissez-vous l’initiative Manger COOP ? Ce mouvement unit les épiceries ainsi que les
producteurs et productrices coopératives. L’idée est de souligner l’importance cruciale des
entreprises coopératives dans le secteur alimentaire québécois. En favorisant ces
entreprises locales, nous soutenons la vie de quartier. De même, choisir une coopérative
alimentaire signifie réinvestir localement les profits. Ces profits se retrouvent dans la
communauté que ce soit par des dons à des organismes, des commandites de projets, ou des
ristournes aux membres. Fondées par et pour la communauté, les coopératives ne privilégient
pas le profit à tout prix. Elles s’engagent plutôt à offrir des produits et services
essentiels. De surcroît, en choisissant les produits des producteurs et productrices
coopératives du Québec, nous soutenons des entreprises collectives détenues par leurs
membres, et qui s’efforcent de procurer les meilleurs avantages.
Surveillez l’arrivée du logo Manger Coop
dans une coopérative alimentaire près de chez vous >
Des exemples inspirants de coopératives
alimentaires
La Coop St-Luc
En 2006, la fermeture de l’épicerie du village de Saint-Luc-de-Matane en Gaspésie a laissé
un vide alimentaire important. Les citoyens ont alors formé une coopérative avec l’aide de
la CDRQ et de la FCAQ. Depuis 2019, la Coop St-Luc emploie six personnes et sert plus de 800
membres et de nombreux visiteurs.
La Coop Bizz
Le magasin Bizz est un commerce phare en alimentation saine à Saguenay. Il a fait face à la
faillite après une expansion ratée. Pour préserver sa valeur ajoutée, les travailleurs, les
travailleuses et les partenaires ont formé une coopérative avec l’aide de la FCAQ et de la
CDRQ. Grâce à cette collaboration, la Coop Bizz a rouvert ses portes au centre-ville de
Saguenay dans une formule améliorée.
Bref, les coopératives alimentaires continuent de jouer un rôle
crucial dans la lutte contre les déserts alimentaires. Elles offrent notamment des
solutions durables et ancrées dans les réalités locales. Manger
COOP incarne d’ailleurs cette philosophie. Le mouvement prônent l’accès à des
coopératives alimentaires ou encore des coopératives de production en alimentation. En
effet, ces entreprises collectives soutiennent les communautés et réinvestissent les profits
localement pour un impact positif et durable.
Pour connaitre une épicerie coop près de chez
vous, c’est par ici >